Charline Goutal, une entrepreneuse « culottée »

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Nouvelle rubrique sur le blog : les Success Stories. L’endroit où retrouver des témoignages et interviews d’entrepreneuses qui ont réussi et de femmes s’étant reconverties avec succès. Mon but : donner la parole à des femmes inspirantes qui vont à leur tour vous inspirer et vous montrer que l’on trouver et vivre du job qui vous fait vibrer, amies lectrices 🙂

Merci à Charline Goutal, fondatrice de Ma P’tite Culotte, d’inaugurer ces Success Stories !

8037_charline_goutalIdentité : Charline Goutal, 27 ans
Age de la société : Ma P’tite Culotte a 1 an juridiquement
Formation : ESSEC BBA
Expériences précédentes : Acheteuse Louis Vuitton puis Consultante Stratégie Achat en télécom pour un cabinet conseil CPO Solutions
Première création d’entreprise : HereWeStyle en 2012
2 passions : lingerie + entreprenariat

 


 

 1.   L’envie d’entreprendre

Qu’est-ce qui a orienté votre voie vers l’entreprenariat ?
Quel a été le déclic pour passer du salariat à l’entreprenariat ?

Charline : J’ai toujours su dès mon plus jeune âge que je voulais être entrepreneure. Comme il était important pour moi d’avoir la maturité et les compétences nécessaires avant de me lancer, je suis passée par la case salariat pour gagner en expérience et mettre de côté un peu d’argent pour me lancer.

Je ne me suis jamais vraiment posée de questions. Quand on est fait pour quelque chose, on ne peut pas s’empêcher d’y aller. C’était une envie bien plus forte que la reconnaissance que je tirais de mon poste et que le salaire que je gagnais (déjà fort bien élevé compte tenu de mon âge). Je me suis juste écoutée. Et puis, en ce qui concerne la lingerie et l’entreprenariat, c’était pour moi déjà une longue histoire : à 17 ans à peine, j’ai monté un premier business dans ce secteur, et c’est d’ailleurs le business plan de ce projet que j’ai présenté lors de mes oraux d’admission à l’ESSEC BBA.

Et comment avez-vous su dès votre plus jeune âge que vous étiez faite pour ça ?

Charline : Je suis une passionnée. Lorsque j’ai un intérêt, j’aime aller au fond des choses. Le développement et la psychanalyse m’ont permis de mieux me connaître. J’ai ainsi découvert ce qui allait me rendre heureuse : entreprendre.

Pour la mode c’est pareil. Moi, c’est la lingerie qui me fascinait, j’ai d’ailleurs un diplôme en stylisme.

Pour réaliser mon rêve j’ai combiné ces 2 passions : créer ma propre marque de lingerie.

Qu’est-ce que vous vouliez être plus jeune ? Devenir entrepreneur était votre mission de vie ?

Charline : Ce qui me faisait rêver c’était de changer les choses et d’apporter ma pierre à l’édifice. Rien ne m’excite plus que de construire un projet à partir d’une feuille blanche. Le seul métier qui permet de faire ça, c’est entrepreneur.

Vous aviez déjà des entrepreneurs dans votre famille ? Quelle a été leur réaction ?

Charline : Pas du tout ! Et en plus ma famille a tout fait pour me décourager. J’ai eu droit à « T’es en train de foutre ta vie en l’air ma fille, qu’est ce que tu fais, t’es complètement folle. Tu as des postes de rêve à ton âge, avec des responsabilités et un salaire au top… »…

Sauf qu’en vérité, je me réveillais le matin en pleurs. A quoi bon être performante au bureau si au fond je suis malheureuse ? Une seule solution s’imposait : tout plaquer pour faire ce que j’aime : créer ma boîte dans un secteur qui me passionne.

Où avez-vous trouvé le courage de dire non ?

Charline : L’envie d’être heureuse. Et de rendre les gens autour de moi heureux. Il fallait donc que ça commence par moi.

J’en avais assez de mon mal-être caché sur une vie en apparence parfaite : bon job, bon salaire, jeune, en couple etc. je ne voulais plus subir ma vie. J’ai donc décidé de me donner les moyens de réussir.

Je n’ai pas eu peur du risque. Au contraire, ce genre de défi me motive. Je n’ai pas peur de conduire un bateau en pleine tempête même si je ne l’ai jamais fait avant!

Je n’ai pas toujours eu cette confiance en moi. Elle est venue progressivement et notamment grâce à la psychanalyse qui m’a permis d’aller au bout de moi-même et de réaliser mes rêves.

J’ai osé m’écouter envers et contre tous : famille, amis, employeurs. On m’a pris pour une folle mais moi, il n’y a qu’une seule chose que je retiens, c’est que quand je me lève le matin, je suis contente d’aller au travail et je ne subis pas ma vie.

Vous avez évoqué vos 2 passions : entreprenariat et mode. A quel point est-ce important pour vous de garder ces passions en fil rouge ? Vous parlez beaucoup de passion : est-ce un élément déterminant pour le succès d’une activité selon vous ?

Charline : La passion est une clé incontournable de la réussite pour moi. C’est LE moteur. Elle permet d’affronter les tempêtes – même quand on s’en prend trois d’affilée – de se rappeler pourquoi on fait ça lorsqu’on traverse des périodes de doutes ou des obstacles. Savoir que l’on aime ce qu’on fait n’a pas de prix.

Je n’ai pas pu me verser de salaire avant 2 ans et je n’ai pas hésité à m’endetter pour donner naissance à ma structure. Heureusement, mes économies, l’aide de mes amis et de ma famille (qui est arrivée par la suite) m’ont aidé à tenir le coup pendant cette période très difficile. Tout l’enjeu est de savoir gérer la pression au quotidien. Et celle qui aujourd’hui est liée à la survivance sera remplacée par une autre liée à la sortie d’une collection, un défilé, une autre levée de fonds… La pression ne viendra plus de la survivance mais de l’exigence et de la discipline, toujours autant animées par cette passion – qui est, au final – le seul moyen de faire face à tout ça. La passion permet de garder la foi et de s’accrocher à ce qu’on aime vraiment du fond du cœur…

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« Des dessous de sens » à A quel point se trouve l’importance du sens dans le fait de devenir entrepreneure ? Quel sens cela a pour vous ?

Charline : Le sens dirige chacune de mes décisions et de mes créations. J’ai choisi pour mes créations de faire du Made in France. Même si c’est 100 fois plus cher que dans un autre pays pour une qualité identique. Pour moi, ce choix a du sens aujourd’hui. Ce ne sera peut-être pas le cas demain mais il faut accepter que les choses évoluent par le sens que l’on donne à chaque décision et aux actions qu’elles impliquent.

Le marché de la lingerie est saturé. J’ai essayé de lancer un concept novateur et décalé : envisager la lingerie et la séduction sous une nouvelle perspective : surprise, spontanéité et optimisme. Personne n’est sur ce créneau, ça avait du sens pour moi d’être pionnière. Le temps m’a donné raison car ça continue d’en avoir.

Surprise, spontanéité, optimisme, ça vous ressemble ?

Charline : J’apparente souvent Ma P’tite Culotte à mon « bébé ». Cela peut peut-être choquer certaines personnes mais, étonnement, j’ai réalisé récemment que le temps de construction du projet se calque parfaitement sur le temps d’une grossesse. Ma marque me ressemble donc forcément mais elle a aussi sa personnalité bien a elle. Par ailleurs, plusieurs personnes ont participé à la construction de cette aventure avec moi ; je pense à mon graphiste (celui qui a fait mon logo et créé la première mouture de ma charte graphique, ainsi que plusieurs motifs de la collection de culottes), à mon associé (qui s’est maintenant envolé vers d’autres horizons), mon équipe (stagiaires, apprenties, salariés), l’homme avec qui je partage ma vie et certains de mes amis. C’est important de savoir où l’on veut aller mais c’est encore plus important de savoir écouter les gens qui nous entourent, quelque soit les horizons dont ils proviennent et le lien qui nous unis à eux. J’échange aussi énormément avec mes clients ; j’ai d’ailleurs créé une communauté d’ambassadeurs (constituée par des femmes, mais des hommes aussi) et je sollicite en permanence leurs avis, autant dans la création de nouveaux produits que dans l’organisation d’événements. C’est très enrichissant, à la fois pour eux et pour eux, et ça me permet de prendre beaucoup de recul.

Parfois, la direction que j’ai donnée à la marque n’a pas eu les effets escomptés, que ce soit dans le négatif comme dans le positif. J’ai, par exemple, jamais pensé à toucher la cible masculine puisque je crée uniquement des pièces pour les femmes. Après quelques mois d’activité, je me suis rendue compte que plus de 50% de ma clientèle était masculine sur mon site internet. Belle surprise lorsque l’on sait que la moyenne marché ne s’élève qu’à 8%.

 

2.   De l’idée au projet

Quels moyens vous êtes-vous donnés / avez-vous mis en œuvre pour la réalisation de vos ambitions ?

Charline : Je suis partie de 0. Je n’ai pas attendu d’avoir un gros capital avant de commencer, je n’ai pas mis de conditions à ma liberté. La passion m’a guidée : j’avais l’idée et j’avais commencé le Business Plan. Le plus important, c’est l’idée et surtout de croire en soi.

Vous Connaissez le livre Le secret de Rhonda Byrnes ? Il a changé ma vie. Je l’ai lu quand j’étais adolescente et j’ai eu une révélation. Depuis, tout se passe comme ça dans ma vie. C’est incroyable. Je visualise mon but, je me mets en action et puis ça arrive. J’ai remarqué que ça coince quand on mentalise trop les choses : « non, j’ai pas assez d’argent, je peux pas me lancer, je suis pas accompagnée, j’ai pas d‘équipe, je suis toute seule… ». Si vous ne croyez pas en vous, personne ne le fera à votre place. Vous seule pouvez convaincre les autres de vous suivre dans le projet.

J’ai donc compris que le point essentiel sur lequel je devais travailler, c’était la confiance et la foi que j’avais en moi.

Comme les gens me voyaient avancer dans mon projet, ils ont fini par avoir confiance et j’ai pu réunir 45 000€ pour commencer à me lancer. Un des moments forts de ma vie a été ce repas de famille au cours duquel mon père m’a dit « Je te prête 30 000 € » sans que je le lui demande, mais après lui avoir expliqué toutes les démarches que j’avais entreprise. Au début, j’ai refusé car il me semblait qu’il ne croyait pas au modèle de l’entrepreneuriat, mais il m’a répondu « Si, je crois en toi, tu m’as déjà prouvé que je pouvais croire en toi, donc, je suis prêt à te prêter 30 000 euros. Je sais que tu me les rendras ». J’ai aussi repris des missions de consulting pour avoir de l’argent à investir dans mon entreprise et ma passion, ma foi, a mis sur ma route de plus en plus de personnes qui ont cru en moi. Avoir leur confiance a été une véritable bénédiction. En fait, c’est en étant dans l’action que j’ai réussi à avoir les choses. Pas seulement dans la stratégie ou à me trouver des prétextes pour ne pas avancer.

Donc là, vous avez la somme nécessaire pour commencer. Comment se passent les débuts ?

Charline : Oui, on est en juin 2013. J’ai passé du temps à réaliser les premiers prototypes. Et vous savez quoi ? J’ai fait mes premières ventes sur ces protos ! Ce qui veut dire que les clients ont reçu les modèles 2 mois après ! C’est grâce aux ventes et aux boutiques éphémères que j’ai pu y arriver. J’expliquais mon concept aux visiteurs et ils voulaient acheter même quand je leur disais qu’ils seraient livrés 2 mois après !!! Ils ont été séduits par les protos, mais aussi par la passion qui m’animait. Comment peut-on vendre sans passion ?

Quels doutes avez-vous rencontrés les 1ers temps de la société ?

Charline : Je n’avais qu’une seule idée en tête : avancer. Donc pas de place pour le doute. J’avais la foi dans mon projet. Et puis si j’avais eu des doutes, mon banquier l’aurait senti et il ne m’aurait pas prêté d’argent. Mon compagnon l’aurait senti et il ne m’aurait pas soutenue. Idem pour mes fournisseurs. J’ai du me battre pour qu’ils veuillent travailler avec moi. Si j’avais eu un laissé paraître un seul moment de doute, c’était perdu. Je n’ai été ni coachée, ni mentorée car je n’en n’ai pas ressenti le besoin. Et puis, non seulement, j’ai eu la chance d’avoir déjà vécue cette seconde naissance en devenant « entrepreneure » très tôt dans ma vie, mais en plus, mes compétences en gestion de projets et mon expérience dans les achats ont fait le reste.

Vous n’avez pas eu de mentor ?

Charline : J’ai gagné un programme de mentorat avec le MoovJee mais le programme n’a pas encore commencé. Il va commencer en 2015. En revanche, je suis suivi par le DG d’Auchan qui me conseille dans le cadre du programme Réseau Entreprendre 92. J’apprécie énormément son soutien et ses conseils, bien qu’il n’ait jamais été entrepreneur lui-même. Il a une véritable vision de gestionnaire et c’est extrêmement enrichissant de confronter ma fougue d’entrepreneure avec sa sagesse et son expérience de DG de grand groupe.

Quelles erreurs avez-vous commises les premiers temps de la société ?

Charline : J’en ai fait plusieurs ! Tout faire toute seule, être trop dans l’opérationnel aux dépends de la gestion. Mais ces erreurs m’ont énormément appris. Ça aurait presque été dommage de ne pas les faire ! C’est fou mais chaque erreur ou problème rencontré m’a permis de rebondir pour trouver une meilleure solution ou une opportunité. Quand vous mettez les processus en place et surtout que vous prenez la responsabilité de ce qui vous arrive, rembourser les dettes accumulées du début et de manière plus générale, affronter chacune des tempêtes auxquelles je faisais allusion tout à l’heure ne fait que nourrir la fierté de ce que vous faîtes. Et en plus cela démontre aux personnes qui vous ont fait confiance – dont vos fournisseurs – qu’ils ont eu raison de croire en vous.

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3.   La 1e année

Comment avez-vous trouvé vos premiers clients ? Vous rappelez-vous d’eux ?

Charline : Oui, et c’est l’un des plus beaux souvenirs qui restera gravé à jamais dans ma mémoire ! C’était lors de notre toute première vente éphémère où je n’avais que des prototypes. Une jeune femme arrive devant mon stand. Je vois qu’elle est réceptive donc je lui présente mon concept et mes prototypes. Puis elle me dit « je vais vous prendre ce modèle et celui-ci en taille M ». Et quand je lui explique que je ne pourrai pas la livrer avant 2 mois, elle est ok pour me régler avant réception. Deuxième cliente : même chose ! J’ai fait 17 préventes ce jour-là soit près de 500% des objectifs que je m’étais fixé sur ce premier événement.

C’est ce genre de succès d’estime qui vous booste. Sur une même journée, l’excitation peut être rythmée par l’information d’un retard qui pourrait être fatal dans la production et être démarchée l’heure qui suit par une boutique de luxe à Saint-Tropez qui m’a repérée.

Encore la semaine dernière, je me suis aperçue que j’ai été copiée – Mes avocats m’aident à faire la distinction entre flatterie et plagiat– et j’ai signé la même journée un partenariat avec une grande marque de bijoux.

C’est ce genre d’événements qui ponctue mes journées depuis un an et demi. Vous savez quoi ? J’ai beau savoir que mes allocations chômage vont s’arrêter au mois de juillet, je continue tous les jours avec cette envie et cette volonté de provoquer mon destin.

S’autoriser à vendre : quel a été votre déclic ?

Charline : C’est une question de confiance. Bien sûr j’ai eu des difficultés au début. On balbutie, on transpire, on rougit, on a chaud… et je n’avais pas un discours commercial parfait au départ. Mais je me suis rodée. Et j’ai accepté de faire des erreurs. La société vous renvoie un peu trop que la femme doit être parfaite, je sais qu’une réalité qui est erronée car c’est en étant imparfaite qu’on s’améliore. Et l’expérience me l’a toujours démontrée. Beaucoup de femmes on du mal avec ça. C’est pour ça que mon slogan est « Je ne suis pas Parfaite, je suis Culottée ».

Et ça, ça fait toute la différence. Je ne vends pas du rêve, je vends l’existant. Je suis authentique avec les gens et les gens le ressentent. Et c’est comme ça qu’on connecte avec la réalité de la cible à laquelle on a décidé de s’adresser. J’accepte complètement le fait que mes produits ne peuvent pas plaire à tout le monde et cela ne pose aucun problème.

4     Conclusion

Quelle est l’importance de l’intuition dans votre manière de conduire l’activité ?

Charline : J’écoute beaucoup mon intuition. C’est la base. Et c’est important. Après, je la valide systématiquement par une étude ou des avis extérieurs. Par exemple, pour la création de mes modèles, c’est de la pure intuition et c’est le plus gros risque car s’ils ne plaisaient pas, je perdais tout. Jusqu’à maintenant, mon intuition, marié avec une bonne dose de pragmatisme, ont fait que tous mes modèles ont plu jusqu’à maintenant.

Il faut trouver le bon équilibre entre l’intuition et le côté pragmatique de mon relationnel. Ne pas écouter uniquement l’un ou l’autre mais réajuster son idée et savoir se remettre en question. Il y a des modèles que j’ai décidé de ne pas lancer grâce à ça et d’autres qui m’ont été inspirés ainsi.

Savoir doser ce cocktail, c’est essentiel dans la vie d’un ou d’une entrepreneur(e). L’intuition seule peut vous être fatale face à un banquier qui vous demande des explications sur votre découvert de 20 000 €. Si vous lui donnez comme raison seule votre intuition, vous allez perdre toute crédibilité. Maintenant si vous l’avez fait validée par le pragmatisme de votre entourage et que vous prenez la responsabilité de la situation, c’est à ce moment-là que le banquier vous dit : « Ne vous inquiétez pas, on vous suit ! » et quand vous avez le soutien de votre banquier dans des situations comme ça parce que vous avez fait en sorte de vous « backuper » et que vous lui démontrez ensuite qu’il avait raison de miser sur vous, là, vous êtes entrepreneur(e). Alors oui, certains ont besoin d’être accompagné(e)s pour équilibrer tout ça, d’autre non. Moi, je ne fais pas du poker en espérant un jour toucher le jackpot. Je mets juste toutes les chances de mon côté avec une véritable démarche.

8043_charline_goutalComment préservez-vous votre équilibre de vie (mental et physique) ?

Charline : C’est donc clairement mon plus gros challenge. Je n’arrive pas « décrocher » de mon activité donc je vois moins mes amis car je suis moins disponible. Heureusement que mon compagnon est naturellement compréhensif – il a la fibre entrepreneuriale, lui aussi. Comme souvent l’entourage ne comprend pas ce qu’est le quotidien d’un entrepreneur, on se sent vite très seul et on a tendance à s’oublier. C’est comme quand on veut un enfant : pendant 9 mois j’ai porté, puis j’ai accouché et j’ai vécu aussi une période de baby blues avec des moments très durs.

Donc être très résistant, c’est primordial, pour faire face à tout ça. Le sport me permet de déstresser et de prendre du recul.

Qui sont les entrepreneuses qui vous inspirent ?

Charline : J’ai du mal à m’identifier à quelqu’un. Mon moteur, je le trouve en moi. Il est dans mes tripes. Parmi les femmes que je trouve incroyables il y a Isabelle Bordry (pionnière du web, fondatrice de WebMediaGroup), Sheryl Sandberg (n°2 de Facebook), Marie-Claire Capobianco (Responsable de la BNP des entrepreneurs en France).

Vous êtes intervenue sur BFM Business en mai dernier sur l’entreprenariat au féminin, quel est votre rôle sur ce sujet ?

Charline : Je n’en avais pas conscience mais les medias m’ont fait comprendre que j’avais un vrai rôle à jouer. J’ai été nommée par la BNP dans les 500 femmes entrepreneures les plus influentes de France. J’ai halluciné. Sans être féministe, je suis bien placée pour voir qu’il y a bien plus d’hommes que de femmes dans l’entrepreneuriat.

Ma génération a un peu plus de facilité que les générations précédentes de femmes car les mentalités ont évolué (celles hommes et des femmes). Néanmoins, je suis convaincue que c’est la complémentarité homme/femme qui est le plus riche pour construire une société.

Le message que je porte aux femmes est empreint d’espoir. On peut être jeune et y arriver. On peut démarrer avec 0 euros et y arriver. Je suis ravie si je peux encourager et inspirer les femmes à créer leur activité, et je suis très accessible pour parrainer les femmes qui auraient besoin de prendre confiance en elle.
Mme Capobianco dit dans son livre « Entreprendre au féminin : mode d’emploi » que les hommes sont plus dans le savoir-faire alors que les femmes sont plus dans le savoir-être. Même si j’ai un comportement très masculin, j’ai quand même une empathie, une fibre féminine, une sensibilité qui me permettent de percevoir des choses différemment – et parfois plus finement – que les hommes.

Quel est votre avis sur la différence hommes / femmes : Homme et valeur basée sur l’ego VS Femme et valeur basée sur l’estime de soi

Charline : Je suis assez d’accord. Il y aurait plutôt une tendance où la femme a envie de se réaliser alors que l’homme a tendance à rechercher davantage la gloire et le pouvoir. Je note régulièrement qu’il y a plus de conflits de territoires chez les hommes que chez les femmes.

En tous les cas pour moi la réalisation personnelle dans la création est un cercle vertueux. En créant quelque chose, cela permet de me créer et en me créant je crée quelque chose mais cela ne fonctionne que si on a la foi en soi. Il faudrait donner des cours de confiance en soi à tout le monde !

Je vous laisse le dernier mot

Charline : Ne soyez pas Parfaite, soyez Culottée ! Cela résume tout.

Si plus de femmes se disaient ça, la face de la terre pourrait enfin changer durablement ! Ce n’est pas Blaise qui me contredira !

Propos recueillis le 25/05/2014
Marjorie Llombart & Guillaume Bisotto
Crédit photos : Albin Porcherel

 

 

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